Deux visions, une même mission
En 1902, une société privée obtient la concession de trois lignes de métro à Paris : Même mission que la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris, la CMP. Mais avec une différence notoire : Là où la CMP construisait des tunnels, la Nord-Sud concevait des espaces. Elle en fait un principe fondateur.
L'esthétique
Voûtes plus larges et décorées, murs perpendiculaires aux quais, couloirs incurvés sans angle droit. Sur les tympans des tunnels, la direction des rames est indiquée en carreaux de céramique — et non pas sur une plaque métallique accrochée au mur comme pour la CMP. Le nom de chaque station s'étire en blanc sur fond bleu. La voûte ornée d'une céramique décorative qui court d'un quai à l'autre.
Ses stations de métro deviennent un espace à part entière.
L'héritage
La Nord-Sud disparaît en 1931, absorbé par la CMP. Mais Paris ne l'a pas effacée et son patrimoine demeure. Dans les stations des actuelles lignes 12 et 13, les frises de céramique ondulée courent encore le long des couloirs. Le monogramme NS s'entrelace autour des encadrements publicitaires. La frise change de couleur selon le type de station : brun miel pour les simples, vert pour les correspondances.
À Abbesses, 36 mètres sous terre, l'escalier elliptique tourne exactement comme il a été construit en 1910.
1902
La 1902 porte l'année de fondation du Nord-Sud. Non pas comme une référence historique — mais comme une prise de position. Son piping en cuir est cousu à la main sur chaque bord. Son œillet porte le logo 176 en creux, dans une forme qui fait écho à la géométrie elliptique de cet escalier.
La Nord-Sud a disparu en 1931. Ce qu'elle a construit, non.
